Barbara Strozzi (1619-77): une femme libérée à l’époque Baroque?

Barbara Strozzi was a big name in 17th-century Italy, hailed as the most prolific composer of printed secular vocal music in Venice. But frankly, it was amazing that she was ever a ‘name’ in the first place.
Victoria Longdon (voir bibliographie ci-bas)

On l’a crue courtisane, mais il est fort probable qu’elle ne l’ait jamais été. En revanche, elle est demeurée célibataire toute sa vie, n’a pas vécu en concubinage, et n’en a pas moins eu quatre enfants. Certaines langues qui aiment salir leurs prochains, disent que le premier fut le produit d’un viol… par le père désormais connu d’au moins deux des trois autres (et qui lui même était marié). Encore là, cette histoire de viol est-elle vérité ou ragots de ceux qui n’aiment pas voir une femme réussir? J’ose croire, pour ma part, que Barbara Strozzi conserva toute sa vie une volonté d’indépendance hors du commun pour une femme de cette époque. On a d’ailleurs trouvé plusieurs documents concernant ses investissements dans les finances publiques de Venise, ainsi que divers prêts qu’elle a accordés. Elle n’était certes pas parmi les riches Vénitiens, mais le notaire se déplaçait chez elle, plutôt que de la recevoir dans son étude comme cela se faisait pour des gens moins fortunés.

Barbara Strozzi aura connu un succès appréciable, pour son époque, en tant que compositrice:

By any standard, Barbara Strozzi, a student of Francesco Cavalli, was one of the most successful women composers of the seventeenth century; indeed, she was the most prolific composer-man or woman-of printed secular vocal music in Venice around the middle of the century, with seven different publications, along with one of sacred music, issued between 1644 and 1664.
Beth L. Glixon. New Light on the Life and Career of Barbara Strozzi (voir lien ci-bas)

Elle fut de plus, au dire de ses contemporains, une excellente cantatrice. Son père adoptif et possiblement biologique, Giulio Strozzi, a écrit des paroles pour elle, mais aussi pour Monteverdi. Il était à la fois homme de lettres et librettiste. On lui doit les livrets de cinq opéras. Il a établi des académies littéraires à Venise, où il résidait, ainsi qu’à Rome. Barbara Strozzi a dû grandement profité des nombreuses connaissances qu’il avait, tant dans les cercles littéraires que musicaux.

Quant à cette croyance qu’elle fut courtisane, elle est basé sur le portrait que vous pouvez voir au haut de ce billet. Voici ce qu’en dit Victoria Longdon: « In reality, the uncovered breast  is likely to show her motherhood and her artistic temperament rather than her loose morals! »

Ne faut jamais se fier aux apparences.

Barbara Strozzi dans Spotify


Pour aller plus loin

Un site qui lui est dédié (l’ensemble de ses oeuvres connues y est listé): Barbara Strozzi, La Virtuosissima Cantatrice

Barbara Strozzi (1619-77)

Barbara Strozzi’s Feminine Influence on the Cantata in 17th-Century Venice, by Rachel Rubin.

Classic FM. Victoria Longdon. This is the amazing story of Barbara Strozzi – and why you should care (25 avril 2018).

Musicopolis. France Musique. Barbara Strozzi à Venise en 1659 (audio des émissions accessibles le 30 juin 2018)

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Image: Bernardo Strozzi. Female Musician with Viola da Gamba. circa 1630–40, Gemäldegalerie, Dresden.

 

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