Slav, Kanata et les autres: y-a-t-il pire censure que le silence?

Ainsi donc, les promoteurs de Slav et de Kanata pratiquent la nouvelle censure qui replonge le Québec dans la froideur pré Refus global! Certes, la réaction des communautés noires et les Premières Nations est révélatrice de plaies profondes qui ne se sont pas cicatrisées – le seront-elles jamais un jour? En revanche, celle des promoteurs, ces nouveaux censeurs, en est une de pure business. Tout comme c’est «pure business» dans les salles de spectacles et les festivals, les radios, les maisons de disques, de mettre systématiquement de côté des milliers d’oeuvres composées par des femmes. Justement, parlons-en!

Qu’elle est la dernière

Ainsi donc, les promoteurs de Slav et de Kanata pratiquent la nouvelle censure qui replonge le Québec dans la froideur pré Refus global! Certes, la réaction des communautés noires et les Premières Nations est révélatrice de plaies profondes qui ne se sont pas cicatrisées – le seront-t-elles jamais un jour? En revanche, celle des promoteurs, ces nouveaux censeurs, en est une de pure business. Tout comme c’est «pure business» dans les salles de spectacles et les festivals, les radios, les maisons de disques, de mettre systématiquement de côté des milliers d’oeuvres composées par des femmes. Justement, parlons-en!

Qu’elle est la dernière oeuvre symphonique composée par une femme que vous avez entendue à la radio, où lors d’un concert? Et pourtant, ce n’est pas faute d’oeuvres. Combien d’opéras dont la musique a été composée par une femme pouvez-vous nommer? Saviez-vous qu’il y en a des centaines (voyez cette liste d’au-delà de 500 qui date de quelques années)? Combien d’albums comprenant de la musique classique de compositrices avez-vous dans votre collection personnelle (ou dans vos playlists)?

Ce dont j’essaie de vous faire prendre conscience, c’est du fait que le refus de prendre des risques, cette forme de censure par le silence, nuit beaucoup plus aux femmes qu’aux hommes en musique classique (et dans les arts en général). Une recherche toute récente révèle ainsi que les 15 plus grands orchestres symphoniques dans le monde ont programmé, pour la saison 2018-2019, à peine 82 oeuvres de compositrices contre 3,442 de compositeurs (Inequality in music: women composers by numbers). J’en arrive à une proportion semblable en ce qui concerne les principaux orchestres canadiens (Voir Chers Orchestres, vous devez faire mieux!).

Si on allait faire un tour du côté des albums sortis en 2018? Sur le site de Presto Classical, il y a (en date du 31 juillet) 2,508 albums dans la section New and Future Releases. Le site de ArchivMusic dénombre 2,289 New Releases. Je pourrais aligner d’autres données chiffrées provenant de divers sites qui vendent des albums de musique classique, mais ce serait sans doute dans un même ordre de grandeur. Enfin, peu importe, j’ai trouvé jusqu’à présent en 2018 à peine 76 albums comprenant exclusivement des oeuvres composées par des femmes (71 sont listés sur mon site, 5 des 76 n’étant pas offerts en streaming au moment où sont écrites ces lignes), et 144 dans lesquels les oeuvres de compositrices côtoient (la plupart du temps de façon minoritaire) celles de compositeurs. Bref, autour de 6% des albums sortis dans les sept premiers mois de 2018 font une place plus ou moins grande à des oeuvres de compositrices, contre 94% ne contenant que des oeuvres de compositeurs!

Autrement dit, 9,4 fois sur 10, vous allez tomber sur un album où il n’y a que des oeuvres masculines. Pourtant les oeuvres connues et à découvrir de compositrices se chiffrent pas milliers. Je le sais car j’en ai écouté plus de 18,000 jusqu’à présent, ce qui est une partie seulement d’un tout qui ne cesse de croitre.

Dire que censure est un nom féminin!

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