Ellen Taaffe Zwilich: première compositrice récompensée d’un Pulitzer

« I had gotten to the point where I was either going to play the violin much better or I was going to break it over my knee. »

Il y a des moments cruciaux dans notre vie. Ellen Taaffe Zwilich devait choisir: soit elle mettait toute son énergie et son talent dans le violon – qu’elle jouait fort bien semble-t-il – , soit elle bifurquait vers ce qui l’intéressait vraiment: la composition. Elle décide de s’inscrire au Juilliard School. Résultat: elle sera la première femme à y obtenir un doctorat en composition. À la même époque, Pierre Boulez dirigera, toujours à Juilliard, sa pièce Symposium for Orchestra, attirant alors l’attention sur elle. Elle va par la suite accumuler les honneurs, dont le Pulitzer en 1983.

Nous sommes en 1990. À son grand étonnement, Zwilich découvre que Charles Schulz la cite dans une bande dessinée. C’est dire à quel point sa réputation dépasse le cercle des amateurs de musique classique. Quelques années plus tard, Schulz fera une autre bande dessinée à propos d’une oeuvre de Zwilich. Vous pouvez la voir sur la page de l’interview qu’elle a accordé à Bruce Duffie (voir lien ci-bas). Éventuellement, Zwilich composera l’oeuvre Peanuts Gallery, écrite pour un concert du Carnegie Hall destiné aux enfants. PBS en fera la base d’un documentaire qui sera repris des centaines de fois depuis sur les ondes américaines (‘Peanuts’-Inspired Masterwork by Composer Ellen Zwilich Leaps from Concert Halls to TV).

Les oeuvres de Zwilich ont été maintes fois jouées par la plupart des grands orchestres américains, mais aussi un peu partout ailleurs dans le monde. C’est pour moi, chaque fois, un mystère de découvrir une compositrice de sa trempe et de réaliser à quel point elle est si peu connue ici.

En 1986, Bruce Duffie lui demanda quelle part vient de la tête (la connaissance musicale) et quelle part du coeur dans la composition d’une oeuvre. Voici la réponse qu’elle lui fit:

All I know is that to make music — to play it or to write it — you need a tremendous amount of knowledge. You need a store of information and understanding, and yet if you don’t have something special to say, that doesn’t matter. You can have the most wonderful thing to say, and if you have not the technique to say it, then that’s a bind.

Il y a des oeuvres de tête qui ne rejoignent hélas pas le coeur, et c’est malheureux. Zwilich est une compositrice brillante qui réussit à bien balancer ces deux élans fondamentaux en musique comme dans tout autre aspect de la vie.

Ellen Taaffe Zwilich dans Spotify


Pour aller plus loin

Composer  Ellen  Taaffe  Zwilich. A Conversation with Bruce Duffie
Ellen Taaffe Zwilich Interviewed by Ara Guzelimian at Carnegie Hall on April 16, 1999. (Vidéo, 2 heures)
Library of Congress. Ellen Taaffe Zwilich
Music Associates of America. Encounters by George Sturm: Ellen Taaffe Zwilich
Florida Artists Hall of Fame

Catalogue de ses oeuvres (en anglais)

La photo de Zwilich provient de son site. Le photographe est Bill Keefrey.

Les commentaires sont fermés.

Create a website or blog at WordPress.com

Up ↑